Nouvelles du littoral

Portrait d’artisan par « les mains baladeuses » – à la rencontre de Marina Berger, créatrice d’Océopin

Les « Mains Baladeuses » est un reportage itinérant d’un mois à la rencontre de 12 artisans entrepreneurs français. Au volant de leur 4L, Magali et Lucile partent sur les routes de France découvrir une nouvelle génération d’artisans. Celle qui a fait le choix d’exercer un métier passion.

« Les mains baladeuses » ouvrent les portes de leurs ateliers pour vous plonger dans les coulisses de la création française mais aussi – et surtout – de suivre le quotidien de ces artisans “nouvelle-génération” et de s’interroger sur les motivations qui les ont poussés à se lancer dans l’aventure de la création d’entreprise. Elles font étape à Vendays Montalivet sous forme de questions réponses posées à Marina Berger, jeune créatrice d’Océopin, marque de cosmétiques bio.

 

Crédit Photo Les Mains Baladeuses

Vendays-Montalivet. Nous longeons les routes bordées de pins du Médoc pour atteindre notre 5ème étape. Aujourd’hui, nous serrons la main de Marina Berger, créatrice d’Oceopin, une marque de cosmétiques bio fabriqués à partir de graines de pin maritime. Nous découvrons un atelier à la hauteur de plafond vertigineuse. Au milieu de cet immense espace, nous nous installons avec elle sur des toiles de jutes posées à même le sol au coeur de l’espace de fabrication.

Cet atelier, Marina le connait bien. Son père, Jean-Jacques Berger, grainetier depuis 40 ans, récolte des pommes de pin et en vend les graines pour réensemencer le massif forestier Aquitain. “A Noël, nous décorions un pin de Noël dans ma famille.” se souvient Marina. Cet arbre exhale son odeur dans la famille depuis plusieurs générations, car la grand-mère de Marina était chef d’une scierie de pins. Mais ce n’est pas vers les Landes que Marina porte son regard les premières années de sa carrière professionnelle, mais plutôt de l’autre côté de la frontière française. Après des études en Hypokhâgne-Khâgne et un diplôme de traduction littéraire de russe, la jeune femme traduit des livres pour des maisons d’édition. “J’adorais traduire. Mais la solitude de ce métier me pesait.” avoue-t-elle.

 

crédit photo Les Mains Baladeuses

Pendant ce temps-là, une recherche est en cours. Elle porte sur l’huile de graines de pin lancée à l’initiative de l’Institut des Corps Gras (organisme spécialisé dans les huiles cosmétiques et alimentaires). Pour la réaliser, c’est à Jean-Jacques Berger que le Professeur Robert Wolff, éminent chercheur bordelais spécialiste des corps gras, s’adresse. Ils passent un accord : le grainetier fait don de graines au chercheur, en échange de quoi ce dernier cède les droits d’exploitation à Jean-Jacques Berger. En 2005, après 10 ans de recherche, le verdict tombe. Le pin maritime contient plus d’acide gras que toutes les autres huiles connues, lui conférant des propriétés anti-âge exceptionnelles. Un brevet sur l’extraction et les applications de l’Huile de Graines de Pin Maritime® est déposé. Mais le père de Marina n’exploite pas les résultats du brevet. Pas tout de suite. “Je commençais à travailler en tant que traductrice. Mon père me disait que les résultats étaient prometteurs. A l’époque, je ne me voyais pas trop exercer ce métier.”

Les années passent. En 2011, la famille apprend le décès de Robert Wolff. Au détour d’une conversation, le père de Marina lui demande si elle souhaite exploiter les graines de pin pour fabriquer de l’huile. Elle se forme pendant un an sur les huiles utilisées en cosmétique bio à l’Institut des Corps Gras de Bordeaux.

Avec son père, la jeune femme alors âgée de 29 ans crée en 2012 Oceopin et lance la production de cette huile. La marque devient l’unique fabricant d’huile de graines de pin maritime dans le monde. Les pommes de pin sont récoltées à la main dans les forêts du littoral atlantique, labellisées par Ecocert . Encore fermées, elles vont être placées dans un four pour les faire éclore et libérer les précieuses graines qu’elles contiennent. Elles seront ensuite envoyées à un huilier de la région pour être transformées en huile. “Il faut environ 1500 graines pour extraire un litre d’huile. Avec 100 kg de graines, nous réalisons 10 kg d’huile.” L’huile Oceopin est certifiée 100% bio et ne contient aucun autre ajout. “Dès le départ, j’ai eu la volonté de produire bio. Il était logique que l’ensemble du processus soit 100% naturel.”

Crédit Photo Les Mains Baladeuses

L’immense hall qui abrite l’atelier est entouré d’une forêt de pins. Sous sa charpente métallique, les pommes de pins récoltées par la société de Jean-Jacques Berger n’en sont qu’au début de leur voyage. Elles seront ensuite placées dans un four dans lequel elles vont peu à peu ouvrir leurs écailles. Marine en ouvre la porte. La chaleur s’en échappe emportant telle une bourrasque l’odeur puissante des pins. On s’enivre.

3 questions à Marina Berger, co fondatrice d’Oceopin

De la traduction à chef d’entreprise artisanale, comment vis-tu ton nouveau statut ?
 Je me suis reconvertie pour donner vie à un projet familial et parce que la traduction est une activité solitaire. Aujourd’hui, en tant que chef d’entreprise, chaque jour est différent et comprend son lot de nouveaux défis à relever. Je suis amenée à rencontrer beaucoup de professionnels d’univers différents ; des scientifiques comme des graphistes, des partenaires comme des journalistes. Ce travail demande une grande polyvalence. C’est très stimulant. En plus de quoi, j’ai la satisfaction de donner vie à un savoir-faire local.

Comment vis-tu de travailler aux côtés de ton papa ?
 Très bien ! Mon père et moi sommes complémentaires. Je suis très admirative de son travail et c’est lui qui me transmet tout le savoir qu’il possède sur le secteur de l’exploitation de la pomme de pins maritimes. En tant que jeune chef d’entreprise, son soutien et sa présence sont aussi très rassurants.

Ta grand-mère dirigeait une scierie de pin. Que t’inspire son parcours ? 
Elle était à l’époque la seule femme à évoluer dans le domaine forestier. Dans un milieu composé d’hommes, elle faisait figure d’exception. Ma grand-mère m’a prouvé que c’était possible d’être chef d’entreprise dans une activité forestière.

Nous quittons Marina Berger et l’univers d’Oceopin avec l’idée qu’une nouvelle graine est semée dans l’entrepreneuriat artisanal au féminin.

Et pour en savoir plus sur le projet des « Mains Baladeuses », rendez-vous ici : http://lmb-ontheroad.com/marina-berger-oceopin/

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